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08 août 2006

Canadien, Canadienne Tire: les réponses

medium_proudly_canadian_corner_logo.gifDepuis le temps que j'en parle, c'est aujourd'hui que je réponds à vos commentaires sur mon billets "Canadien, Canadienne Tire".

 

 Tout d'abord, mes erreurs:

  • Avoir écrit ce billet en été, me retrouvant alors en pleine pénurie d'information et donc d'exemples concrets à donner;
  • Ne pas avoir cherché plus ces exemples. Il y a du monde qui lisent, j'ai quand même une certaine "responsabilité";
  • Avoir cru que les gens comprendraient que je ne me prend pas pour une référence absolue. 

 

Puisqu'il a abondamment écrit et qu'il me permet de répondre à tous les autres commentaires, je m'attarderais aux écrits de Opium / Vincent.

 

Il y a quelques commentaires bizarres dans cet envoi.

Dont celui-ci: tu encenses le National post pour avoir offert une dizaine de pages à une obscure soldate canadienne morte au front en Afganistan. Le message sous-entendu: les Québécois devraient également profiter d,une telle couverture.

 

Non, je dis plutôt, et ça me semblait clair, qu'il y a une marge entre 10 pages et une page 10. Le National Post en a beurré épais, mais les médias québécois n'ont pas beurré du tout et on a dù manger notre pain d'information du ROC bien sec.

 

Tu portes finalement un jugement de valeur sur la couverture de l'actualité canadienne au Québec. Elle serait anormalement insuffisante. Il faudrait en savoir autant que les britannico-colombiens sur l'état des forêts de séquoias. Cela en raison des conséquences potentielles sur le monde municipal et provincial. On voit que le lien est ici très ténu. Entendu, bien sûr, qu'il n'y a pas absences d'infos canadiennes au Québec.

 

Mes exemples étaient boiteux, mais je maintiens: nous ne savons rien de ce qui se passe dans le ROC et nous faisons par conséquent des jugements inexacts quand vient le temps de réfléchir à la politique canadienne.

 

Au delà des exemples spécifiques, comment puis-je, comme électeur, faire un choix éclairé lorsque vient le temps de choisir un dirigeant qui prendra des décisions sur un pays en entier si je n'en connais qu'un treizième? Comment puis-je espérer comprendre la logique économique des décisions de mes dirigeants si je ne connais que le montant de mon portefeuille? Comment peut-on vouloir ne pas être déçu de ses représentants quand on ne saisit pas l'ensemble de leur plan?

 

Ce débat tourne -on l'aura compris- autour de la notion de normalité. La normalité est que les journalistes rapportent les informations selon le cadre référentiel qui est celui de la majorité de leurs auditeurs, à savoir, dans le présent, la nation québécoise. Tu proposes de changer ce cadre pour l'élargir au Canada. Est-ce souhaitable? Ça dépend des buts qu'on poursuit? Chose certaine, ce n'est pas ce qui est normal comme tu le prétends. Car comme nous le savons, le Canada n'a pas vraiment de liens partagés et communs aux plans historique, sociologiques et politiques.

 

Ce débat tourne autour de la notion de normalité? Ha bon....

 

medium_hands_leaf.jpgJe peux facilement comprendre que le premier réflexe d'un journaliste est de rapporter exactement ce que l'on attend de lui. Mais c'est du journalisme soit paresseux, soit limité que de ne faire que ça.

 

Le journaliste, c'est la personne qui est payé et qui a le temps d'aller voir ailleurs. C'est le journaliste qui est la sentinelle du citoyen, c'est celui qui est chargé de voir plus loin. Si le guetteur dans sa tour ne raconte que ce que la personne au sol voit, il ne sert à rien.

 

Est-ce souhaitable? D'un point de vue démocratique, oui je le crois, comme je l'ai exposé plus haut. 

 

"Ça dépend des buts que l'on poursuit" dis-tu. Voilà qu'on y arrive. Permets que j'extrapole un peu sur ce que tu dis et que je te prête quelques intentions. Si je me trompe, tu me corriges. Tu insinue ici que de parler plus du Canada serait faire une sorte de "Nation Building", mot "fancy" pour "propagande fédéraliste". C'est exactement l'insinuation qui empêche les journalistes de sonder les profondeurs du Canada: la peur de se faire traiter de propagandiste fédéraliste. C'est encore pire à Radio-Canada. Toute émission osant présenter, par exemple, "Les beautés du Canada" se voit regardée et disséquée comme étant un potentiel cheval de Troie.

 

Cette paranoïa est abusive et stupide.

 

Si, comme te le crois et je le crois, le Canada et le Québec ne partagent pas beaucoup de choses, les informations ne feront que nous le confirmer. Si ça se trouve, c'est une situation qui pourrait potentiellement faire allumer certaines personnes sur la pertinence de l'indépendance du Québec. Mais que l'on partage ou pas de liens, nous faisons partie tout deux du même ensemble politique et il n'est pas normal, ou souhaitable si tu préfères, que j'en saches plus sur la politique américaine que canadienne.

 

Notre scribe tombe ensuite dans l’éloge de la presse canadienne anglaise. La couverture serait censément plus dense et complète. Lecteur occasionnel du National post, je peux vous certifier que la couverture québécoise de ce quotidien est infiniment plus déficiente que la couverture canadienne de nos grands médias québécois. Les bulletins de nouvelles anglos ne sont guère mieux.

 

Je constate comme toi: le Québec est mal couvert dans le ROC. Soit, mais ce n'était pas le sujet de mon billet. De plus, nul part ne tombe-je dans l'avalanche dythirambique et la flagornerie face à la presse canadienne. Tout au plus dis-je que le Maclean's est un bon magazine. De dire que lire la presse anglophone nous donne l'impression de lire un journal italien, ce n'est flatteur ni pour la presse québécoise ni canadienne.

 

(...-> J'ai déjà parlé de mes exemples malhabiles, alors je saute)

Sans compter qu’on nous parle sans arrèt du gouvernement fédéral et du Conseil de la fédération. Et il y a également les rubiques et chroniques ‘‘canadiennes’’ dans nos grands quotidiens.

 

Oui, on nous parle du fédéral et du conseil... dans une optique québécoise. Et la rubrique Canadienne est bien mince à part dans le Devoir. Mais ce n'est que mon avis, pas une valeur absolu et tu as le droit de penser autrement. Si tu veux, on peut compter le nombre de lettres et faire des graphiques...

 

C’est l’état québécois qui contrôlent l’essentiel des pouvoirs qui touchent de près au citoyen (santé, éducation, services sociaux).

 

 Avec des fonds qui viennent (difficilement bien souvent) de....?

 

Tu t'attaques ensuite aux commentaires.

 

Il trace ensuite un parrallèle entre l'humour québécois, chiant -en recherche d'identité- et l'humour canadien anglais, frais et intelligent.

 

Si tu as lu comme il faut, il a bien dit qu'il ne parlait pas de 100% de l'humour québécois, mais bien d'une tendance générale. Il fait des nuances et s'attend à ce que son propos soit lu par des gens nuancés. C'est pourquoi il ne prend pas la peine de dire des trucs du genre "Il y a des humoristes canadiens très bon, comme Rick Mercer et il y en a des pourris, comme Don Cherry, mais je veux parler de ceux qui sont comme Mercer. Vous me suivez?"

 

Primo, il n'existe pas de culture canadienne en tant qu'entité distincte et originale, mais bien une culture anglo-américaine à l'intérieur de laquelle nos amis du Canada participent de plein pied.

 

 Tiens, c'est à toi de faire dans le manque de nuance maintenant? "Le Canada est un peuple sans culture et sans histoire", pour paraphraser un lord célèbre.

 

Le commentaire sur l'humour est plus ridicule, tellement il est réducteur et fait appel à un jugement manichéen et simpliste. 

 

Dit-il...

 

medium_Canada6.jpg

 

Bon, voilà. Malgré tout, ne croyez pas que je sois amer. Du tout! Il est très agréable de se savoir lu et de constater que l'on prête à ma prose une valeur qui semble égale à celle qu'un édito dans La Presse. 

 

Je suis bien loin pour ma part de prétendre détenir une vérité autre que la mienne. La prochaine fois, je me retiendrai avant de peser "envoyer" pour un texte dont je ne suis pas moi-même satisfait. 

 

 

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Commentaires

Bonjour cher ami,

Je ne prendrai pas le temps de répondre à chacun de tes commentaires. Certains m'apparaissent avoir du sens d'autres pas. Quoiqu'il en soit, je me concentrerai plus sur le fond.

J'ai vu dans ton premier envoi une forme de Québec ''bashing'' pour gens instruits. J'y ai vu, aussi subtiles que des traces d'effractions, les outils de l'intello malhonnête: dramatisation, exagération, exemples bidons, éloge de l'Autre, etc. Les procédés sont biens connus. J'y ai vu en définitive ce vieux procès sans cesse répété pour culpabiliser les Québécois de ne pas être ce que supposément ils devraient être.

Je persiste à croire que la couverture canadienne est suffisante au Québec. S'il y a carence, elle se situe bien plus au niveau de la couverture internationale. La RDC est à feu et à sang. Qu'est-ce que fait radio-canada? Elle se croise les bras.

Ecrit par : Vincent | 09 août 2006

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