« Je suis le lion imberbe | Page d'accueil | Matmos au National (10 octobre) »
11 octobre 2006
Matmos au National (10 octobre)

Matmos, duo composé de Martin Schmidt et Drew Daniel, était de passage à Montréal ce soir dans le cadre de la tournée accompagnant leur dernier opus The Rose Has Teeth in the Mouth of a Beast, une série d'hommages à différents auteurs et philosophes. Certaines pièces étaient donc accompagnées de lecture d'extrait de ces auteurs. La musique n'avait cependant absolument pas besoin de ce support vocal tant elles étaient riches en imagination et en textures sonores.
Le groupe de 5 percussionnistes So percussion ouvrait le spectacle et ceux qui ont reconnu aux premiers coups de bongo le début de Drumming, de Steve Reich, ont tout de suite compris que ce serait un spectacle à haute teneur intellectuelle. Remarquez, ils auraient dû le deviner en voyant une salle assise alors que c'était un spectacle de musique électronique...
Intellectuel, ce l'était certainement. Cela dit, rien n'empêche les cerveaux de s'amuser. Le plaisir était évident sur les visages des (trop peu nombreux) spectateurs. Il aurait été difficile de ne pas être amusé par l'inventivité, la débrouillardise et le côté ludique de Matmos. Pour ces deux gaillards au look de l'employé de bureau avec qui personne ne veut diner, aucun moyen n'est trop étrange ou rudimentaire pour produire les sons les plus complexes, ceux que des gens passent des heures à créer sur leur ordinateur. Que ce soit de presser des lames de xylophones sur de la glace carbonique ou de se servir de bouquets de roses comme bâton, l'important c'est le résultat. Et le résultat, il est là : nos oreilles sont ébahies et la musique s'en bonifie.
La plupart des pièces semblaient débuter d'un chaos d'où arrivait à émerger des constructions tantôt groovys, tantôt étranges, mais toujours fascinantes. Les musiciens de So percussion, qui assurait également le rôle de backing-band, venaient ajouter de l'humain à la machine et empêchaient avec brio Matmos de n'être qu'un "show de laptop" ou une expérience qu'il vaut mieux garder sur disque.
Bref, un spectacle qui valait amplement son 24 $ contrairement à Yo la Tengo, vu la semaine dernière dans la même salle. Yo La Tengo devrait retourner faire des disques parce qu'en spectacle ils sont pénibles. Ça sonnait comme un college band qui se cherche un autre musicien. Pas loin d'être pourri...
01:05 Publié dans Articles musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Matmos, musique, électronique





Ecrire un commentaire