« La lecture, c'est dangereux! | Page d'accueil | Vous l'avez peut-être vue... »

18 janvier 2008

Vous l'avez peut-être vue...

Vous l'avez peut-être lue en version écourtée dans le journal Métro de mercredi.

 

La voici dans toute sa splendeur: Mon courrier des lecteurs. (Oui, je sais, j'ai déjà utilisé ce titre pour une autre lettre ouverte. On s'en fout, c'est un bon titre.)

 

Penser l'éducation

Mathieu Charlebois, étudiant en journalisme, membre du R.A.T.S. (Rassemblement des artistes très sensibilisés)
 

Selon la firme comptable Waterhouse Cooper, le plan de redressement de l'UQAM serait insuffisant et elle doit encore dégraisser. Mais dégraisser quoi? La qualité minimale que l'on exige d'une université occidentale est bien près d'être atteinte. Devrait-on se soumettre à une volontaire anorexie scolaire?

Trois fois lors de ma première semaine de cours ai-je entendu cet affligeant laïus : « D'habitude, il y a des conférenciers, mais cette session, on ne peut plus les payer. Si je trouve quelqu'un qui soit prêt à se déplacer gratuitement… »

Ouch. Un brin fâchant à vivre alors que nos frais augmentent.

Parallèlement, on impute à une baisse des inscriptions une partie du manque de fonds. Mais qui voudrait bien s'inscrire à une université où les locaux informatiques ont des heures d'ouverture de caisse populaires, ouvrant six heures le samedi et fermant le dimanche?

Et l'UQAM de déclarer qu'elle pense augmenter ses revenus en ajoutant des programmes de cycle supérieur afin… d'améliorer ses subventions. On dirait qu'il est bien fini le temps où   l'UQAM avait des étudiants. Elle a maintenant des subventions.

Je vois avec horreur sévir encore cette logique comptable, celle-là même qui a mis mon université dans la situation où elle est, risquant d'anéantir les valeurs fondamentales d'ouverture, de réflexion et d'accessibilité qui devraient régner en cette université publique qu'est l'UQAM.

Quand en aurons-nous assez de cette dictature des chiffres insultante pour le rôle que doit tenir une université dans sa société? Est-ce cela que nous voulons retirer de l'éducation supérieure?

J'ai de la chance, il ne me reste qu'une session à faire. J'aurai eu le temps de terminer mon baccalauréat avant de cesser d'être rentable. J'espère néanmoins que l'on aura recommencé à penser l'éducation au lieu de la gérer lorsque ma fille entrera à l'Université.

 

medium_ligne.19.jpg

Ecrire un commentaire