09 mars 2007

Pour que la névrose nous quitte

Dans la vie, il y a les choses importantes, et il y a mon blogue. Aujourd'hui, une femme merveilleuse me permet de rallier un peu les deux. Doum C, merci beaucoup.

 

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medium_marionnette.jpgVous l'avez peut-être observée vous aussi. Vous savez, la fille pas très grosse qui arrive à la caisse, quelques litres de liqueur diète et des tonnes de paquets de gomme sans sucre dans les bras. Faut pas être dupe : c'est probablement tout ce qu'elle avalera dans sa journée. Son but : se remplir et faire disparaitre la faim pour un génial total de 0 calorie. Elle a même probablement pensé à mâcher l'emballage plutôt que la gomme, pour être sure de n'avaler aucune calorie.


L'avez-vous vu celle qui, sur son heure de lunch, regarde son assiette en se rongeant les ongles, avant de disparaitre à la salle de bain avec un petit air nerveux? Ou l'autre qui boit un thé en gigotant pendant que ses amis mangent une collation en jasant, et qui part ensuite en joggant jusqu'à la bibliothèque?

 

 

N-É-V-R-O-S-É-E-S.


Oui, je parle d'anorexie. On en parle souvent dans les médias et vous êtes peut-être même déjà tannés d'en entendre parler (ou de me voir utiliser le verbe parler), mais je me lance.


« Les filles dans les magazines sont trop maigres! » « Interdisons les maigrelettes dans les défilés de mode. Les jeunes filles qui les regardent sont trop influençables. »


Mouais, peut-être bien... « Mais pourquoi sont-elles si influençables? », me demande-je. « Ça ne serait pas la première question à se poser? Qu'est-ce qu'elles peuvent bien y chercher? Hein? Et pourquoi me parle-je toute seule? »


La validation.


Tristement, nous sommes plusieurs à avoir appris à répondre en permanence à ce qu'on demande de nous (à l'école, dans nos familles, dans un quiz avec Charles Lafortune...). Et au fond, c'est un manque affectif qu'on apprend à combler en se soumettant ainsi aux autres : « Dites-moi que je suis bon! Dites-moi que je fais ce qu'il faut! Dites-moi que mon blogue est intéressant! Aimez-moi. »

Le problème de cette façon de faire, c'est que, comme lorsqu'on mange une galette de riz, on n'est jamais vraiment comblé. Se faire dire qu'on est bon, c'est pas de l'amour. L'amour ça serait d'être complètement poche et laid et de se faire dire avec un sourire « je t'aime ». Ce qu'on reçoit plutôt de cette façon-là, c'est la fameuse validation. Et l'ennui avec la validation, c'est qu'elle doit être méritée.

Alors, on cherche les voies du mérite.

Se pointent ici la publicité et autres conditionnements sociaux. Les fameux squelettes dans les magazines, mais aussi avec la télé, le cinéma, la musique populaire, les panneaux publicitaires... le message de la maigreur (c'est même plus de la minceur) est partout. Et la publicité, quand elle est efficace, on ne la voit pas passer : elle est sournoise. Et pour une publicité qui nous dit de mettre du beurre sur notre steak, il y en a 5 qui nous vendent une paire de bottes avec une fille nue.

On vieillit donc avec l'idée qu'être maigre est important. Pourquoi donc? Pour la santé et la beauté? On ne sait pas vraiment au fond. Ce qu'on a appris à reconnaitre par contre, ce sont les voies vers la validation. Et, validée, la maigreur est.

Alors, va pour la maigreur. Anyway, pas manger, ça ne coute pas cher.

Comme on est plusieurs à avoir vu et enregistré les mêmes messages, on se met même à encourager la névrose en se conditionnant mutuellement : « Ouf! J'ai trop mangé. — Ah non, merci, j'ai pris 5 livres le mois passé. — As-tu idée du nombre de calories là-dedans? — Y parait que les gras saturés... »

medium_Le_chat_anorexie.jpg Donc, on reçoit un message qui arrive de partout. Et pendant qu'on est plusieurs en quête d'une voie vers l'amour, qu'on n'a jamais sû chercher autrement que par les « J'suis-tu bon? Dis-moi que j'suis bon! Lis mon blogue! », les publicitaires flairent une piste.

Ils ont peut-être amorcé le bal de la maigreur malgré eux, mais puisque plusieurs ont accroché, ils en rajoutent : « Et hop! Nouveau chocolat : seulement 100 calories! Faudrait quand même pas trop vous gâter, sinon vous allez devenir plus gros que la fille dans la pub. Et les plus-gros-que-la-fille-dans-la-pub, ben on les aime pas. Na na! » Puis, la fille dans l'annonce, ben elle rapetisse de plus en plus. Et les filles dans la vraie vie qui veulent ressembler à la fille dans l'annonce, elles suivent.

C'est ces filles-là qu'on croise tous dans la rue. Et à en voir autant, on finit par penser que c'est normal. On les voit (ou pas) acheter leurs tonnes de litres de liqueur diète au dépanneur et on n'en pense rien. Sans compter que les publicitaires et autres hauts placés du divertissement ont aussi grandi avec ces mêmes messages et les portent en eux. Ou les propagent. Ou les deux.
 

N-É-V-R-O-S-E    S-O-C-I-A-L-E

 

Alors, on fait quoi pour aider les anorexiques et autres troubles alimentaires sur deux pattes, de tous âges et de tous sexes, qui se multiplient?


  • On va dans les défilés de mode, brandissant chips et crème glacée en criant « À bas les squelettes! »?
  • On les gave et, si elles ne survivent pas, on revend leur foie gras?
  • On trouve un médicament breveté pour les guérir (on peut rendre papy plus dur, on peut surement rendre sa petite-fille plus molle!)

Non. On contrattaque, bâtard!
 
  • On apprend à dire je t'aime, spécialement quand la personne qui en fait l'objet se sent très particulièrement comme une motte.
  • On rend hommage à Sir Mix-A-Lot en s'armant d'un crayon, et on remplume joyeusement les mannequins sur les panneaux de pub.
  • On apprend aux femmes de notre entourage que la culotte de cheval, supposée dégradante, ben c'est du gras d'allaitement. Pour vrai. C'est pour ça que c'est si dur de s'en débarrasser : le corps la garde jalousement comme nourriture de réserve pour un futur bébé. C'est-ti pas beau ça?
  • On écrit un texte sur le blogue de notre ami Mathieu C, en espérant avoir une quelconque incidence. [N.D.L.R.: Voyant son blogue se remplir sans effort, Mathieu C reste assis sur son derrière et... heu... prend du gras d'allaitement.]
  • Finalement, on apprend à nos enfants à se valider d'eux-mêmes en leur disant : « T'as vraiment fait de ton mieux! Es-tu fier de toi? » Et en n'oubliant surtout pas de leur dire qu'on les aime, principalement quand ils se sentent particulièrement comme une motte.

J'ai dit.
 
Doum C (avec quelques pincées de Mathieu C)
 
 
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30 janvier 2007

Fais-moi une place.

Le blogue de Mathieu C est fier de vous présenter le premier envoi de notre correspondant à l'étranger: François Richard. Porfitez-en bien: il nous coûte une fortune en hôtel et en prostitués mineurs. 

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medium_moshe_clown.jpgSoldanestie, Moldavie - Le président d’Israël, Moshe Katsav, s’est vu dans l’obligation de renoncer temporairement à ses fonctions à la tête de l’État hébreu suite à des accusations de viol et d’harcèlement sexuel que plusieurs employées de sexe féminin de son bureau ont déposées à son endroit. Moshe Katsav clame son innocence et malgré les nombreux appels à la démission de la part de la classe politique israélienne, il entend bien se défendre en cour afin de laver son honneur.


Dans le premier entretien qu’il accorde à un journaliste depuis que ces accusations d’inconduite sexuelle ont été posées contre lui, Moshe Katsav raconte sa version des faits.


«L’incident dont fait état mon ancienne secrétaire s’est déroulée au cours d’un voyage en Europe, effectué dans le cadre de mes fonctions, explique le Président. Nous étions allés visiter une communauté juive orthodoxe du Nord-est de la Moldavie.»


Selon Moshe Katsav, à Soldanesti, les installations disponibles étaient, au mieux, frugales. «Nous devions partager deux chambres à cinq, avec un lit double dans chacune. Bon, le peuple juif a beaucoup souffert au cours de son histoire, certains de mes compatriotes ont vécu bien pire, mais je suis président tout de même», souligne le chef de l’état hébreu.


Moshe Katsav et sa secrétaire ont convenu de partager la même chambre et le même lit. C’est alors que les choses auraient mal tournées.

«Je lui ai dit, on est civilisés. On partage le lit en deux cinquante-cinquante, moitié-moitié. J’ai juste besoin d’un endroit pour m’installer. L’espace est restreint, mais on peut partager sans problème. Suffit qu’on s’entende.»

Quelques instants plus tard, alors que la secrétaire commençait à s’assoupir, Moshe Katsav admet lui avoir passé son bras autour de la taille. «Elle a rouspété, mais je lui ai dit, non, non, notre accord tiens toujours, je déborde un peu ici et là, mais ça n’a rien à voir c’est toujours ton espace et je respecte ce fait.»

Pendant qu’il proférait ces paroles, le Président s’est mis à lui tripoter les seins et a glissé sa cuisse entre les siennes. La secrétaire a alors menacé Moshe Katsav de le frapper s’il n’arrêtait pas de la toucher de façon inconvenante.

«Alors là, à mon grand désarroi, j’ai réalisé que je n’avais plus d’interlocuteur crédible. Enfin, je veux dire, si les gens avec qui ont doit discuter ont recours à la violence, on ne peut plus négocier. J’ai donc décidé de mettre un mur entre nous et d’agir dans mon intérêt avant toute chose.»

Moshe Katsav l’a alors solidement empoignée et a soulagé ses bas instincts en elle contre son gré. Toutefois, il prétend n’avoir pas mal agi dans cette histoire. «Ce qu’il faut comprendre, c’est que c’était inconcevable de ne pas déborder sur son territoire. J’avais besoin de plus d’espace pour être à l’aise. Qui sait ce qui serait arrivé si je n’avais pas empiété sur sa partie du lit! Elle a menacé de me jeter en bas si je dépassais de ma moitié, niant par là de façon flagrante mon droit d’occuper le territoire. Non, ce qu’il faut retenir de cette histoire c’est qu’il vaut toujours mieux faire violence aux autres avant qu’ils ne s’en prennent à nous.»



François Richard (Agence Franck-Presse)

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25 janvier 2007

En réponse à votre honoré du tant...

Montréal, le 25 janvier 2007



Attn : Responsable du recrutement


Objet: Neuro-Chirurgienne - Référence interne: GP-01110-1001
Att: Mme I. Pocrate

 


Madame Pocrate,


C'est avec joie, mains et clavier que je postule pour le poste disponible au C.H.U.M. tel que mentionné ci-dessus.


Comme vous pourrez le constater à la lecture de mon curriculum vitae, j'ai plus de cinq années d'expérience dans le domaine des assurances médicales. Au cours des dernières années, j'ai regardé plusieurs émissions de la série « Urgence » et « E.R. ». Il n'en fallait pas plus pour que je me découvre une nouvelle passion. Depuis ce temps, j'ai exercé mes connaissance acquises alors que je regardais la télé en pratiquant diverses interventions sur des animaux morts ou presque pas.


Il est à noter que, selon moi, rien ne vaut l'expérience acquise « sur le tas » puisqu'elle est garante d'une passion sans fin et d'une capacité de débrouillardise foutrement bonne. Ces nouveaux acquis viendront se greffer (voyez ma connaissance du vocabulaire de la profession) à ma fascination d'enfance pour le jeu éducatif "Opération".


Je suis certaine de pouvoir tirer profit de mon expérience chirurgico- télévisuelle afin de pratiquer des interventions de catégorie B à un coût ridicule si on le compare à celui des mes futurs collègues. Ma motivation ainsi que mon couteau de chasse et mon sens aiguisé de la lame seraient des atouts indéniables pour le CHUM. Une autopsie saura vous en convaincre.

 

Dans l'attente d'une réponse favorable, je vous prie d'agréer l'expression de mes sentiments les meilleurs.



Valérie C. Fitouésumwé

 

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19 janvier 2007

Non, tu n'es pas une rock star

Encore une invitée sur le blogue de Mathieu C! Décidemment, on peut dire que celui-ci semble avoir un faible pour les jolies jeunes dames à la verve certaine et au propos écrit.

 

Nous avons cette fois le plaisir d'accueillir, mon blogue et moi, Caro B, une dame qui remplira un jour les écrans de vos télévisions, mais qui, en attendant ce jour où Charles Tisseyre prendra sa retraite de narration dramatique, a accepté de venir parler d'une de ses passions du moment: détester les publicités dans le métro.

 

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medium_328336940_20d0610a6a.jpgComptables de ce monde, descendez de ce nuage où vous vous êtes réfugiés depuis quelques semaines. Cessez de nous marteler d’images de jeunes comptables branchés, semblant tout droit sortis d’un vidéoclip ou d’une télésérie américaine !

 

Nous n’en pouvons plus! Depuis la fin de l’automne, le métro de Montréal a été pris d’assaut par une campagne publicitaire pour le moins envahissante de l’Ordre des comptables agréés du Québec visant à intéresser les jeunes à la profession de CA. Si ce n’est pas en soi un signe que c’est une carrière poche, je ne sais pas ce que c’est. Doit-on convaincre les gens de devenir clown, femme à barbe ou homme-canon? Je ne crois pas, mais je m’éloigne du sujet.

 

Messieurs les comptables, mesdames les agréées, je dois malheureusement me dévouer pour vous annoncer qu’être CA… ce n’est pas aussi glamour qu’on tente de vous le faire croire.

 

Contrairement à ce que laissent présager ces publicités et leurs photos, vous ne ferez jamais de rapports d’impôts en compagnie de Paris Hilton ou de Jude Law et vous ne passerez pas l’heure du lunch dans une grosse voiture avec Eminem, 50 Cents et deux ou trois « hoes » capable de vous expliquer ce qu’est un T4 et un dégrèvement d’impôt. Non. Jamais. Je vous le dis. D’ailleurs, à moins que vous ne mettiez un poster d’elle sur le mur du cubicule beige ou vous allez travailler plus tard, votre regard ne sera jamais tourné vers le même kodak que celui des jumelles Olsen.

 

medium_CA.jpgEt vous l’a-t-on dit? Les magazines « Vraiment fier » et « Relève Star » n’existent pas vraiment. Même s’ils existaient, ils seraient sans doute d’un ennui mortel et, de toute façon, parler externalités et équilibre de Nash  tout en prenant des poses comme dans le Châtelaine, ce ne serait pas très crédible.

 

D’ailleurs les jeunes gens qui ont participé aux séances de photos sont tout… sauf crédibles. Ce n’est pas en leur mettant des manteaux de fourrure et en camouflant leur visage derrière de grosses lunettes fumées ou (surtout) sous une couche beaucoup trop épaisse de maquillage qu’ils paraîtront plus naturels.

 

Les curieux sont invités à se rendre sur le site promotionnel des CA où ils pourront eux-mêmes tester leurs aptitudes à pratiquer ce métier si passionnant de comptable agréé grâce à d’amusants quiz en ligne.

 

Ainsi, si vous êtes un jeune homme charmeur, aimant magasiner sur Internet, vous feriez un excellent homme d’affaires. Qu’attendez-vous!?

 

Et vous madame, ne seriez-vous pas une jeune femme aimant parler en public et adorant cette douce activité qu’est régler les chicanes de ses amies? Alors vous avez tout, mais alors là tout, pour être une comptable hors pair !

 

medium_328336941_07db15a1be.jpgEn fait, ce qui est désolant dans cette campagne publicitaire, ce n’est pas le fait d’inciter les jeunes à devenir comptable, mais plutôt de sous-entendre qu’il est honteux de le faire simplement parce qu’on aime les chiffres et qu’on veut un emploi stable. Il semble que désormais, l’accomplissement personnel doive obligatoirement passer par la reconnaissance publique et l’accession à un certain statut social, voire même à la parution de sa face surmaquillée sur le dessus d’un magazine.

 

Alors, puisqu’on essaie de pervertir les jeunes et leur vision de l’avenir en leur faisant miroiter une vie de rêve, avec un gros salaire, du luxe et un univers rempli uniquement de jolis gens, et bien je ne voulais qu’avertir la folle jeunesse de ne pas se laisser berner, car être comptable implique également (et même, attention, particulièrement) faire de la comptabilité, des rapports d’impôts ou balancer des comptes de compagnie. Cela implique aussi normalement d’être assis toute la journée devant un ordinateur à jouer avec des chiffres et, dans la plupart des cas, de travailler pour une entreprise pas si glamour que cela.

 

À moins, bien sûr, que le monde du chiffre et de la calculette ait vraiment changé depuis la dernière fois ou j’ai été voir mon comptable…

 

Caro B

Script-édition: Mathieu C 

 

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23 novembre 2006

La chronique d'Éborgner

Après les nouvelles, les dépèches et les textes neutres sur le sujet, il est temps pour un peu d'analyse politique avec Mathieu Éborgner.

 

Enfin!

Quarante ans après la position de Lester B. Pearson affirmant l'existence du Québec comme une nation au sein d'une nation [le Canada], voici que les meilleurs cerveaux du ROC ont enfin raffiné la doctrine.

Il était temps. Je n'avais jamais vraiment compris cette mise en abyme politique. Facile, et fort élégant, de parler d'une patate existant au sein d'une patate. Plus dificile de préciser comment il faut la découper et la cuire.

Heureusement qu'il y a notre PM Stephen Harper pour venir nous éclairer. La clef, c'est que la patate extérieure est 'unie'. Il n'est pas nécessaire de la découper. C'est même contre-indiqué, car la patate intérieure n'existe pas et n'existera jamais en tant que telle.

Il reste cependant une question: comment faire de la purée, maintenant?

La réponse dans quarante ans.

M.Éborgner

 

Et vlan Le Devoir. Le summum de l'analyse politique parmentière, c'est au Blogue de Mathieu C que ça se passe.

 

 

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31 octobre 2006

Brossard, quand tu nous tiens

Le blogue de Mathieu C est plus que fier d'accueillir un nouvel auteur invité. Il s'agit cette fois-ci de Caro(tte) La(rocque). Elle nous raconte, forte de ses nombreuses lectures de National Geographic, sa plus récente escapade vers des contrées lointaines et inhospitalières.

 

Laissez-vous dépayser par ses descriptions exotiques et le récit de ses rencontres avec les indigènes de l'endroit. Danger, aventure, exotisme et nature exhubérante sont au rendez-vous! Il ne manque que l'érotisme!

 

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Brossard, quand tu nous tiens

 

Hier, j'ai vécu l'expérience Brossard. Pas l'expérience comme on se doute, avec un petit « e » et tout plein de petites lettres après, non. L'Expérience, Das Experiment, de celles qu'on lit d'un trait avec quelques frissons dans le dos.

 

M'en revenant de ma petite campagne, pleine de soleil, neuve et chlorée, mais tout de même angoissée par le coup de tête que j'ai eu de me booker un billet dernière minute pour le Mexique dans une semaine, j'arrive à Brossard, à la gare de Panama. Déjà, il devrait y avoir un léger ton exotique dans le paysage, compte tenu du nom, mais, mis à part le fait que je sois la seule Québécoise dans la place et que le court pour tirer des balles de golf dans un net soit surplombé de quatre jonctions d'autoroute qui me rappelent vaguement l'Afrique du Sud, c'est un leurre. À ce moment par contre, avec en arrière-pensée mon prochain petit voyage, je me rends compte que je me sens, dans cette gare de la rive-sud, exactement comme quand je suis dans un autre pays, fébrile de prendre l'autobus parce que je sais pas comment ça marche, que je prépare une phrase d'urgence en anglais pour avoir l'air fluente, faut-tu que je donne l'argent juste, fallais-tu que j'aille acheter un billet quelque part, et puis je cherche, toujours en restant en apparence hyper cool et habituée au trajet 45.

 

Et puis y'a ce maudit petit couple chiant archi « on-s'en-va-en-ville-aux-Francos-voir-le-show-de-clôture-de-Éric Lapointe-sans-oublier-chacun-notre-sac-de-taille» qui arrête pas de se demander « where is the bus? must be this one... no ». Et puis il arrive... LE bus qui, loin de me ramener au Québec, exhibe un cul long de même. Est-ce un train? Est-ce un monstre? Non! C'est un autobus-accordéon! J'ai jamais essayé ça! Je suis toute excitée, j'échappe par terre mon 3,25$ bien calculé pour pas, oh! malheur, devoir faire attendre tout le monde derrière moi parce qu'il me manque 10 cents et aller le chercher dans mon portemonnaie, qui est au fond de mon super sac pas fonctionnel « parce que c'est lette, une sacoche ». Bling-bling il fait, mon change qui tombe dans le compteur. Wow, c'était facile. Le chauffeur me regarde. « Madame, y'a pas de billet qui ressort, vous pouvez circuler". Ah, merde. Bon, je choisis d'aller juste à côté de l'accordéon, pour voir comment ça marche ces bus-là. J'ai l'impression d'être dans l'OVNI de la Ronde, y'a comme un cercle qui bouge au centre pour que les gens puissent circuler quand le bus se plie, et ça ressemble déjà à un manège. Yeah, on part!

 

Dès le premier tournant, je me dis qu'ils auraient pu mettre une pancarte du genre “ne fixez pas trop longtemps des yeux la structure en accordéon quand l'autobus est en marche, ça donne mal au coeur”. Je m'émerveille, entre deux étourdissements, de l'ingénierie derrière tout ça, comment faire en sorte que tous les accordéons y aillent tout doucement pour pas que la personne au milieu de tout ça se ramasse le ..ouch, ok, c'est pas si le fun, une fois sur le pont, ça brasse en criss. Je me sens pas bien, j'ai hâte d'être chez nous, j'aime pas tout à fait les autobus sur le pont, on voit pas les parapets. Je me concentre fort, puis comme j'arrive à m'imaginer qu'on vole, on pogne une bosse. Je suis déçue.

 

Y'a ce Mexicain qui me regarde tout le temps, qu'est-ce qu'il me veut, donc? Je lui fais un regard “c'est certainement pas toi qui va achever ma vie dans un caniveau”, puis je me rends compte qu'il a dans la main un livre intitulé “Réfléchissez et devenez riches”, alors je me dis qu'un gars avec autant d'ambition et de volonté de succès ne voudra surement pas gâcher tout ça et finir en prison pour le plaisir de me tuer. Mais ensuite, je me dis que c'est pas toujours réfléchi, les passes de folie. Puis, ensuite, je me dis que si mon amie Caro Murphy survit chaque jour depuis 21 ans dans cette jungle de banlieues défusionnées, je suis capable. Juste à ce moment, le Mexicain fait un sourire et je me rends compte qu'il le fait à un enfant à côté de moi. Bon, j'avais tout ce temps-là pensé que cet homme avait du bon, mais je voulais pas le dire avant, pour ne pas gâcher le punch.

 

Je retrouve mon émerveillement pré-angoisse, puis je regarde le majestueux fleuve Saint-Laurent qui, au coucher du Soleil, quand il fait chaud, est très beau. Y'a des ti-canards, des ti-ti-canards, y'a des bateaux, des oiseaux, des bandes de terres. J'ai l'impression de regarder une maquette, alors j'essaie très fort de faire abstraction de tout autour et de m'imaginer la main de quelqu'un qui va prendre une auto sur le pont à côté, et ça marche. Petit instant de bonheur. Je regarde dehors, et je me dis que c'est dommage parce que le bus passe juste à côté de chez moi, puis tourne pour m'amener 4 stations de métro plus loin. Crotte.

 

medium_Nuit-Carotte-Print-C10286089.jpegArrivés à Bonaventure, on entre dans un sous-terrain et je me sens exactement comme en arrivant à un aéroport la nuit. Puis je me lève en me disant que ces bus-là, c'est excitant, mais c'est tapecul plus qu'autre chose. Puis, y'a un gars qui se retourne et me dit “watch out la p'tite marche”, et je me dis que je suis vraiment à Montréal. Puis je sors et je me dis que je ne verrai plus jamais Brossard, ni mon amie Caro Murphy, de la même façon. Avec les yeux du coeur.

 

Caro(tte) La(rocque) 

 

 

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29 octobre 2006

Mathieu C. Scully Rencontre

medium_01.jpgGlles Duceppe a accordé une entrevue à deux blogueurs. C'est bien. Mais y a rien là. Rien du tout.

 

Voilà deux blogueurs qui vont être fâchés de se faire tirer le tapis sous les pieds, car en fait d'entrevue de grandes vedettes en exclusivité, le blogue de Mathieu C franchit une nouvelle barrière et reçoit Sylvie-Anne Ménard / Zviane, elle-même du blogue La plus jolie fin du monde.

 

<--- Un extrait de l'entrevue très amicale. 

 

Pourquoi? Le prétexte principal, c'est qu'elle a gagné le Premier concours québécois de bande dessinée et que par conséquent, son livre Le Point B va être publié et sortira lors du salon du livre, quelque part entre le 16 et le 19 novembre.

 

D'accord, je n'ai pas fait ça que pour le plaisir de vos lobes cérébraux. C'était dans le cadre d'un cours, mais je ne dois utiliser de mon entrevue que 2 minutes, pas plus. Pas question que je me déplace, que je dérange quelqu'un et que je fasse 20 minutes d'entrevue pour n'en garder que 2 misérables minutes. Voici donc pour vous l'intégrale de ce qu'il s'y est dit d'intéressant. 

 
podcast

 

À part le petit bout de Miles Davis qui joue du Gershwin, toutes les musiques entendues dans ce montage sont l'oeuvre de Zviane elle-même, ce qui fait de ce reportage un objet plus que concept. Merci énormément à cette dame qui m'a dépanné pas à peu près pour mon travail et qui possède une voix magnifique devant un micro. 

 

 

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26 octobre 2006

Testez vos connaissances!

Êtes-vous une tronche?

 

Pour le savoir, répondez à ce questionnaire co-écrit en un jet avec mon vieux collègue Mathieu Éborgner.

 

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Qu'est-ce qui a entrainé la chute de l'URSS?

Réponse : Le prix de la vodka.

 

Pourquoi les Américains sont-ils allés sur la Lune?

Réponse : Pour jouer au golf et pour voir le drapeau flotter avec pas de vent.

 

Où est Elvis?

Réponse : Elvis est Grand, Elvis est Partout.

 

Qu'est-il arrivé au Pepsi Cristal?

Réponse : Il est devenu flat et ils le vendent sous le nom de Dasani.

 

Qu'est-ce qui a fait rater l'invasion de la baie des cochons? 

Réponse : Un porcelet héroïque du nom de Babe.

 

Est-ce que le monstre Yéti existe vraiment?

Réponse : Non, pas depuis que Claude Ryan est mort.

 

Est-ce possible de voyager dans le temps?

Réponse : Oui, vers le futur c'est facile, je le fais en ce moment.

 

Est-ce que le Coran a vraiment été dicté par Allah?

Réponse : Oui, mais Mohamet n'était pas analphabète, il était sourd.

 

Qu'est-ce qui est vraiment arrivé à l'Area 51?

Réponse : C'est un complot fomenté par les scénaristes de Fox pour faire un coup de cash avec les X-Files.

 

Est-ce que le Ouija fonctionne vraiment?

Réponse : Oui, selon les esprits.

 

Quel fut le premier livre imprimé?

Réponse : Le mode d'emploi de l'imprimante.

 

Est-ce que la foi déplace les montagnes?

Réponse: Non, sinon ça fait longtemps qu'on aurait déménagé les Rocheuses entre le Québec et l'Ontario.

 

Qu'est-ce qu'on a fait à mes frites?

Réponse : OGM

 

Quel est le secret de la Caramilk?

Réponse : C'est pas du chocolat.

 

Que font 2 et 2?

Réponse : Je conteste l'aptitude qu'auraient les chiffres à interagir entre eux.

 

Quel est le chainon manquant?

Réponse : Anne-Marie Losique? 

 

Quel est le slogan des Jeux olympiques?

Réponse : N'importe quoi, tant qu'on peut déterminer un gagnant et que ça passe bien à la télé.

 

Pourquoi le monde a-t-il été créé en 7 jours?

Réponse : Ben c'était prévu pour 4, mais y'a toujours des dépassements d'échéancier dans ces affaires-là.

 

Pourquoi Ève a-t-elle croqué la pomme?

Réponse : Pour garder le médecin loin.

 

Pourquoi l'homme fait-il la guerre?

Réponse : Parce qu'on finit par se lasser de jouer à qui pisse le plus loin.

 

Quelle est l'épice secrète de PFK?

Réponse : Pigeon.

 

Deux métros vont à 50km/h en sens inverse de la station Cote-Vertu à la Henri-Bourassa. Quand se rencontreront-ils?

Réponse : Ça dépend si les portes bloquent.

 

Un arbre tombe dans une forêt sans que personne n'y soit. Fait-il du bruit?

Réponse : Ça dépend si Desjardins en fait un documentaire.



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03 septembre 2006

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?

medium_nos_bons_vieux_03.jpgOubliez votre bon vieux balai et ses années de loyaux services, l'ère du jetable est bel et bien arrivée!


Croyez-le ou non, la compagnie Proctor and Gamble est bienfaisante et attentionnée. Ils ont, en effet, une panoplie d'articles nettoyants jetables tous plus merveilleux les uns que les autres et qui n'auront aucune conséquence, hormis la duplication de nos amis les sacs à ordures! Mais ça, on s'en fout! Une ménagère heureuse devrait avoir, au bas mot, 5 sacs d'ordures au bord du chemin une fois les terribles mais hygiéniques corvées terminées!


Vous comprendrez qu'il serait vraiment utopiste de s'imaginer que le plumeau jetable ayant servi à nettoyer la surface de vos meubles puisse aussi convenir au dépoussièrage de l'habitacle de votre voiture!

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Si notre ami Proctor et son pote Gamble ont créé 5 sortes de lingettes/mitaines et autres pour 5 types de surface, c'est que l'on ne saurait s'en passer. C'est l'évidence même!

Tout d'abord, parlons un peu du fabuleux et télescopique Swiffer Sweeper. Oublions ''Un homme et son péché'' et concentrons nous sur ''Une femme et son plancher'' .


Il est à noter en premier lieu que l'emballage vert de ce produit est assurément un gage de conscience écologique.


Dans un premier temps, vous passez un coup de lingette jetable sèche, tout en remarquant avec émerveillement les rainures d'une forme absolument révolutionnaire, sur votre revêtement de sol adoré. Je tiens à préciser que ce que l'on affuble du terme révolutionnaire ici est un zig-zag tout ce qu'il y a de plus banal... Peut-être s'agirait t-il d'un zag-zig? Cela expliquerait bien des choses!


medium_aa.jpgDans un deuxième temps, tout en téléscopant à loisir, vous cajolez votre plancher chéri d'une douce lingette humidifiée au parfum "sensation de baie sauvage musquée d'orient centrale sud-ouestique et une touche de corail des bois", une explosion symbiotique qui enchantera les narines les plus expérimentées et les plus difficiles à contenter olfactivement.


Et le plus beau: une fois votre plancher scintillant comme jamais, vous n'avez qu'à balancer tout ces articles aux ordures! C'est pas génial ça? Viva la révolution, sti!

 

Mais n'allez pas croire que le jetable ne se limite qu'aux corvées ménagères! Vous pouvez également vous débarasser de vos rides d'un seul coup de petite lingette! Ensuite, vous vous débarassez de la dite lingette en un gracieux geste du poignet vers votre amoncellement de détritus qui rivalise dangereusement avec le sommet du mont de votre choix! C'est ce que l'on appelle, mesdames et messieurs, le progrès.


Je suis tout à fait heureuse de constater que Maurice, l'itinérant au coin de ma rue, a troqué son abri de fortune, tout de boîtes de carton confectionné, pour un gîte coquet fait entièrement de lingettes jetables.


Il faut aussi considérer les possibilités offertes par Proctor & Gamble afin que Maurice renouvelle son décor! J'entends déjà les visages à deux faces jubiler devant les étalages de produits cosmétiques. En effet, ces êtres multi-faces auront le loisir d'utiliser un maximum des produits suivants: lingettes moussantes carrées, rondelles automoussantes, lingettes clarté, lingettes intensives, lingettes nettoyantes humidifiées express et lingettes pour soin de nuit !


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Que l'on m'ammène mon chirurgien! Je manque cruellement de visage, diantre!


Si vous avez un un oeil de Lynx, vous avez remarqué que la lingette détoxifiante pour le soin facial de 16h17 manque cruellement à l'inventaire énuméré ci-dessus mais cela ne saurait tarder! Je vous promet que j'écrirai à nos amis les concepteurs afin de leur soumettre ma grandiose idée.


Malheureusement, il est des ostrogoths qui tentent de faire en sorte que le jetable ne soit pas la seule alternative, qui tentent d'empêcher le progrès, de stopper l'avancement de l'humanité, qui veulent faire un disgracieux croc-en-jambe à la marche glorieuse de l'humanité, qui essaient de nous renvoyer à l'époque des cavernes où l'on nettoyait le sol de sa grotte d'une moppe faite des cheveux de nos enfants ou de nos enfants eux-même. Pour aller fustiger ces gens, vous n'avez qu'à aller manifester devant ce magasin. Faites-le pour vous, car considérant le nombre croissant de personnes allergiques aux herbes et pollens divers, il serait triste que la génération suivante ait encore à composer avec la présence de cette satanée végétation.



N.B.: Ce texte est optimisé pour les écrans jetables.


PAR:

Valérie C. Fitouésumwé

 

 

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02 septembre 2006

Le blogue de Mathieu... et cie!

medium_bienvenue.jpgMesdames et messieurs,

 

C'est le temps d'introduire une toute nouvelle catégorie à ce blogue, déjà très fourni en fait de catégorisation et de ghettoïsation des sujets.

 

Laissez-moi donc vous présenter la section "Les invités". Vous y retrouverez, vous l'aurez deviné (si vous ne l'aviez pas deviné, vous ne méritez peut-être pas ce blogue), les écrits de gens autres que moi. Des gens extraordinaires et triés sur le volet mais n'ayant pas l'envie ou l'enthousiasme pour entretenir un blogue eux-mêmes. Je leur offre donc. dans toute la générosité dont vous me savez capable, d'utiliser ma plate-forme si jolie et mes lecteurs si nombreux (on se peut pu).

 

Le premier de ces textes sera celui de Mademoiselle Valérie C. Fitouésumwé et il porte sur l'avancement de notre situation d'humain via l'amélioration de nos conditions d'hygiène. C'est une partie de sa thèse de doctorat qu'elle nous offre en primeur.

 

Bonne lecture! 

 

 

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