25 juin 2006

Dans le Voir de cette semaine

Je lisais mon journal Voir de la semaine et je suis tombé sur deux petits bouts de textes qui ont, comme on dit en anglais, "fait ma journée".

 

1- La radio

Vous connaissez sans doute mon amour immodéré pour la radio. Si non, ben voilà: j'éprouve un amour immodéré pour la radio. C'est mon média à moi. Mon médium que j'aime entre tous les médiums (et même les extra-larges). J'adore la radio et même plus encore. Voilà.

 

medium_fada1000-b.jpgDonc, Steve Proulx, dans la chronique Médias, parle du départ de Marie-France Bazzo et il dit ceci de la radio, par le biais de l'émission Indicatif Présent:

 

La télévision est soumise à la dictature de l'image. Forcément, cela colore jusqu'au choix des sujets. À la radio, le philosophe Gilles Lipovetsky peut bien développer ses théories pendant 15 minutes. À la télé, il ne survivrait pas longtemps à la dure loi de la zappette.

La télévision montre, illustre. Elle évoque plus qu'elle n'explique. D'autre part, la télé retient toute l'attention et refuse qu'on la trompe avec d'autres activités. Du coup, le téléspectateur qui stoppe tout pour se soumettre aux exigences de la boîte à grimaces est en droit de s'attendre à autre chose que de la monotonie. Il veut voir, voyager, découvrir. Il veut que ça bouge.

À la radio, en revanche, l'image n'a pas droit de cité; les mots, oui. S'étendre en palabres est toujours convenable. Et pelleter des nuages est encore vu comme un moyen efficace de percer le brouillard.

 

C'est presque dommage que la dernière phrase soit donnée à un article dans un journal hebdomadaire. Elle mériterait d'être dans un roman.

Alors la prochaine fois que quelqu'un va me demander pourquoi j'aime autant la radio, je vais réciter par coeur cet extrait.  

 

2- Le rap Mysogyne

 

Dans les médias cette semaine s'est agité la réincarnation d'un scandale vieux comme le monde: la musique des jeunes est mauvaise pour eux. Les paroles de leur musique, dans ce cas particulier.  Ainsi, le rap québécois serait infesté par un cancer qui ronge la belle jeunesse qui l'écoute: elle est mysogyne et sexiste.  Deux groupes sont principalement pointés du doigt: Black Taboo et Omnikrom.

 

Voici ce que j'ai posté sur un forum il y a peu:

Aussi fort je peux ne pas aimer Omnikrom, c'est quand même très difficile de passer outre l'aspect dérision de ce qu'ils font. Come on! Le flow, les histoires de palette drette, les photos style "On se prend pour des vraiment tough", le titre "futurs millionaires"... Ça sent la dérision aussi fort que ça sent la friture dans un Belle Province!


Black Taboo par contre, c'est pas évident du tout et je ne pense pas que ce soit 2e degré ou humoristique. Ça ne veut pas dire qu'ils sont tous des violeurs en puissance, mais il y a certainement  des choses qu'il n'est pas utile de mettre sur un disque.

Qu'on mette Omnikrom et Black Taboo sur le même pied, je trouve ça insultant pour l'intelligence de Omnikrom. Et je n'aime pas Omnikrom, rappelez-vous.


Caroline Néron et son décolleté systématique sur TOUTES les photos de la promo et de l'album causent bien plus de tort à la condition féminine que tous les disques qu'ont pu vendre Omnikrom.


Ma fille n'écoutera pas de marde comme Black Taboo. Parce que je suis capable de me tenir debout, que je me préoccupe de ce qu'elle se met dans les oreilles, que je suis PRÉSENT.

J'ai entendu et lu cette semaine une bonne dizaine de témoignages de parents qui découvrent soudainement que leur fille de 12 ans écoute du Black Taboo. À tous les parents qui chiâlent et crient au scandale en découvrant des disques du genre dans la discothèque de leurs enfants je dis:

T'ÉTAIS OÙ CRISSE? Comment une fille de 12 ans peut se ramasser SANS QUE TU LE SACHES avec ça??? Lâche ton ostie de tévé pis parle à tes enfant st-cibouare de viarge!

 

medium_barmaid.jpgHé bien, Olivier Robillard-Laveaux, dans sa chronique Scène Locale, a trouvé EXACTEMENT l'argument que je cherchais lorsqu'il dit:

 

Lâchez vos grands principes quant aux rappeurs locaux et attaquez donc cette société qui pousse une compagnie de bière à engager une plongeuse aux seins siliconés pour jouer la fausse barmaid dans un aquarium pendant dix jours.

 

Bang. Et voilà. Si c'est ce que le groupe qui est sur la scène dit qui vous hérisse le poil des jambes, c'est que vous êtes rentré sur le site les yeux fermés.

 

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